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Yona Maassen

Non. Yona Maassen ne photographie pas que des femmes. Ce titre est un simple clin d’œil à « Hors-jeu », projet à découvrir un peu plus bas…

En fait, Yona photographie l’Humain.

Après une escale ratée en école de photo et divers petits boulots, elle revient à la photographie justement grâce à cette envie d’observer, de comprendre, d’humaniser et de montrer des personnes ou des actes qui pour beaucoup restent en marge. Elle porte ses sujets, longtemps. Le temps qu’il faut pour entrer un peu dans l’intimité des âmes… du vieil homme vivant dans la rue aux rygbywomen, en passant par la vie en roulotte, l’humanité est partout dans les clichés de Yona.

Des portraits touchants de simplicité, sublimés par l’instantanéité de l’argentique.
Rencontre…

Yona, raconte-nous un peu ton parcours. Comment as-tu commencé la photo ?

J’ai un parcours un peu particulier. A 15 ans, j’ai quitté Toulouse pour habiter chez ma tante à Paris. En bonne adolescente que j’étais, je n’avais envie de rien, elle m’a un peu forcé à me bouger, me demandant ce que j’aimais faire dans la vie.
La photo me plaisait bien mais j’ai très vite été déçue par l’école et suis partie au bout de 6 mois. En revanche, le travail d’iconographe que je faisais pour l’agence de presse Starface, qui m’avait accueillie pour ce CAP en alternance était passionnant. J’y suis restée 4 ans.
Ensuite, j’ai eu ma fille et suis revenue à Toulouse où j’avais tous mes amis et pendant 10 ans, je n’ai pas touché un appareil photo.
Et un jour, le virus m’a repris. C’est parti d’une rencontre, un SDF que j’ai croisé. Il s’est passé quelque chose. J’avais envie de construire et profitant d’une période de chômage, j’avais du temps, du coup je l’ai suivi durant un an !

Quels sont tes sujets de prédilection ?

Je m’intéresse aux personnes qui vivent en marge de la société. Depuis 3 ans, je suis un groupe de filles qui vivent en roulottes au cœur des montagnes ariègeoises.

Parle-nous de « Hors-jeu », série consacrée aux joueuses de rugby. Comment est né le projet ?

Toujours dans cette idée de traiter des sujets en marge, l’équipe féminine du Stade Toulousain (STRF) est toute récente. Jusqu’ici, les filles qui voulaient jouer au rugby en Haute-Garonne devaient aller à Fonsorbes ou Saint-Orens. En 2015, après de longs mois de discussion, le Stade a enfin accepté d’ouvrir une équipe féminine, mais sans leur offrir aucun soutien qu’il soit financier, logistique ou médiatique. J’ai suivi cette équipe en immersion (entrainements, déplacements, etc.) durant toute cette première année et réalisé une série intitulée « Women ». Ces filles se sont débrouillées toutes seules et ont tout gagné ! L’équipe est entré dans le Top 8 (championnat féminin de 1ère division, ndrl) dès la saison suivante.

J’ai décidé à ce moment d’élargir le sujet en passant à des portraits posés, les meilleurs équipes allaient venir jouer à Toulouse au moins une fois par mois, c’était donc le bon moment pour leur offrir la visibilité qu’elles méritaient, de les mettre en lumière.

Je souhaitais par là faire prendre conscience au grand public de la difficulté des équipes féminines à pratiquer le rugby à haut niveau. Elles ont trop peu de moyens, doivent effectuer de longs trajets en bus sans pouvoir dormir sur place la plupart du temps et bien sûr, elles travaillent à côté, élèvent leurs enfants parfois, etc.

J’ai réalisé les portraits à chaud, souvent en sortie de match. On y retrouve la dureté de ce sport, avec les vêtements sales et les blessures, le visage de la victoire ou de la défaite…
Je trouvais important de pouvoir représenter ces championnes, de leur apporter un peu de reconnaissance. Elles sont dans l’ombre contrairement aux rugbymen, alors que beaucoup s’accordent à dire que le rugby féminin est plus intéressant à regarder et que le public est demandeur.

Et comment s’est construite l’expo, que l’on a pu voir à Toulouse tout le mois de mai et qui tournera prochainement dans d’autres villes du Top 8 ?

Nous sommes 3 à l’origine du projet, Xavier Larroque, directeur de l’association « Le Studio Français et Aurélie Morandin, ancienne joueuse du STRF.
Dès le départ, nous voulions taper fort, que les photos soient vues, affichées en grand format sur des murs de la ville, même si nous avons dû trouver des compromis au regard de la difficulté d’obtenir les autorisations dans les délais.
La mairie de Toulouse nous a soutenu à travers Laurence Arribagé, adjointe aux sports. D’autres financements sont venus de partenaires privés et d’une collecte de crowdfunding. Nous avons aussi monté un partenariat avec Tisséo pour l’affichage dans le métro et les bus.

Comment s’est passée votre collaboration avec Picto Toulouse ?

Le choix de Picto s’est imposé naturellement. Je connaissais leur travail, et leur confier le montage et les tirages de l’expo nous a semblé évident. Ils nous ont beaucoup aidé, respectant toutes les contraintes qu’impose une exposition d’envergure, que ce soit en termes de budget, de délais et d’idées innovantes. Je considère Picto comme un partenaire créatif de cette aventure, ils ont apporté leur savoir-faire et résolu pas mal de problèmes techniques. Et le résultat est là…
Merci Yona, à bientôt pour un nouveau championnat !

En savoir plus sur Yona Maassen :
www.yonamaassen.com

Site officiel de l’expo Hors-jeu :
www.horsjeu2016.fr

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